Vous voyagez en train et pour passer le temps, vous regardez les arbres par la fenêtre. Ils défilent. Un arbre magnifique attire votre attention, il passe… Que reste-il désormais dans votre mémoire de ce passage fugace ? Qu’avez-vous mémorisé ? Le temps était trop court…
Mais notre cerveau a cette faculté extraordinaire – et instantanée – de reconstruire une image de cet arbre dans cette brève parenthèse de temps et d’espace. Cette image immatérielle est complètement différente de celle d’une photo classique figeant la réalité à un instant donné. Plus le temps passe, plus nous oublions les images appartenant au passé, plus elles deviennent diffuses. Parfois, notre cerveau finit même par se brouiller, avant de reconstruire une vision poétique et magnifiée de ce passé en mêlant réalité, émotion et imaginaire. C’est ce souvenir qu’Olivier Mühlhoff essaye de matérialiser sous forme de photo, bien réelle. C’est comme si chacune de ses représentations était le reflet figé de sa mémoire.
Olivier Mühlhoff
Olivier Mühlhoff est photographe plasticien et ingénieur-chercheur. À la croisée de la technique et de l’intuition artistique, il élabore des univers oniriques où le réel est réinterprété, avec son style immédiatement reconnaissable.
Chercheur infatigable, il pratique la photographie depuis l’âge de 12 ans. Il émerge sur la scène artistique en 2016 avec la série Arborescences, un ensemble de portraits d’arbres dans un style impressionniste qui lui est propre. Cette série poétique, construite sur une double lecture – à la fois sensible et conceptuelle – interroge notre rapport au végétal et au paysage. Fondée sur un travail de superpositions multiples, Arborescences est aujourd’hui présentée dans des formats pouvant atteindre 4 mètres de largeur, devenus emblématiques de son travail et de sa présence dans les festivals et expositions.
La construction de ses séries repose sur un processus de recherche technique exigeant. Olivier Mühlhoff choisit d’intervenir radicalement sur ses propres images : il les superpose, les duplique en miroir, les assemble, les fragmente ou les étire. Refusant de s’enfermer dans un style unique, il explore avec curiosité et liberté de nouveaux territoires visuels, dans une grande exigence technique, à la frontière entre photographie et illusion.
